Internet : La Côte d’Ivoire,14ème rang africain, joue son essor numérique

Bruno Nabagné Koné ministre ivoirien de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste, tête d’affiche du 10ème numéro de Twins Magazine, était l’invité du «Twins time ». Une tribune d’échange organisée par le secrétariat exécutif du Comité de concertation entre l’Etat et le secteur Privé (SE-CCESP). M. Nabagné Koné a saisi cette occasion pour présenter la vision de l’Etat ivoirien sur les questions économiques numériques à travers le thème : « La place de l’économie numérique dans une économie émergente : enjeux et défis ». Ce 5ème Rendez-vous du «Twins time » a eu lieu le lundi 19 juin 2017 à Azalaï hôtel-Abidjan.

Auteur:
Super User

 

 

Selon le ministre Bruno Nabagné Koné, l’Etat ivoirien a, à travers le Plan national développement(PND) 2016-2020, inscrit dans sa politique de développement, l’économie numérique comme l’un des secteurs d’activités stratégiques, contribuant, aujourd’hui, entre 7 à 8% au PIB.

Pour lui, le secteur du numérique offre d’énormes opportunités à notre pays en terme de création d’emplois, de richesses…et surtout pour le développement de l’économie elle-même.

S’il est donc indéniable que ce secteur impacte sur la vie sociale, politique, économique du pays, il faut faire de sorte que ces opportunités offertes par les TIC « permettent d’améliorer les conditions de vie des populations » en terme de santé, d’éducation, d’environnement, etc, a-t-il laissé entendre, et surtout qu’il soit au service de tout le monde. 

Internet : la Côte d’Ivoire au 14ème rang africain

Au niveau de l’utilisation de l’internet, le ministre de l’Economie numérique et de la Poste a indiqué que la Côte d’Ivoire a fait d’énormes progrès depuis quelques années. Le taux de pénétration est de 110 à 115%. Toute chose qui la place au 14ème rang africain, selon l’indice international de développement des TIC. 132ème au  niveau mondial (32 places gagnées). Un classement qui positionne le pays dans les 5 progressions les plus importantes au monde.

« La Côte d’Ivoire compte aujourd’hui plus d’une dizaine de millions d’abonnés internet, alors que le pays n’avait que 200 mille en fin 2011 », a-t-il confié.

En ce qui concerne les abonnés des réseaux sociaux, Bruno Koné dénombre 3 millions pour Facebook, entre 300 à 400 mille pour Twitter, et un nombre d’abonnés qui est appelé à s’accroitre pour les utilisateurs de WhatsApp et YouTube, etc.

En terme d’accessibilité internet, le ministre de l’Economie numérique rasure que l’Etat fait d’énormes efforts pour permettre à chaque citoyen d’avoir sa connexion. « Le coût ne fait que baisser d’années en années », a-t-il fait observer, soulignant que la Côte d’Ivoire fait partie des 10 pays africains où l’internet est moins cher. Il estime qu’il faut « éviter de le comparer aux pays développés ».

Ainsi, le projet « Un citoyen, un ordinateur + une connexion internet » est l’une des actions de l’Etat qui va permettre à chacun de s’offrir un ordinateur avec une facilité de paiement bancaire. Etendu aux étudiants, 12 mille d’entre eux, a-t-il dit, ont acquis cet outil informatique grâce à une subvention à 50% de l’Etat. Pour lui, l’Etat a fait sa part, même s’il sera difficile à tout le monde d’avoir ce bijou informatique. C’est pourquoi, dans le cadre de la modernisation et de la numérisation de l’administration ivoirienne, fait-il savoir, l’Etat de Côte d’ivoire compte installer des cybercentres environs 5 mille à travers des localités du pays par le biais de la Poste (un potentiel à cause de son réseau).

La Poste d’ailleurs est en train de faire sa mue grâce à plusieurs réformes entreprises pour son redécollage. Une restructuration qui passe par trois éléments essentiels, selon lui, à savoir la numérisation de la Poste, la Poste physique et la Poste financière.

Téléphonie mobile : 26 millions d’abonnés…pour plus de 17 milliards de Fcfa de transaction

Au niveau de la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire, Bruno Koné a relevé un nombre de 26 millions d’abonnés contre 16 millions fin 2011. Et il faut noter, souligne-t-il, 8 millions d’utilisateurs au niveau du Mobile money pour un volume de transaction quotidienne dépassant les 17 milliards de Fcfa.

Sur l’indentification des abonnés téléphoniques, le ministre de la Communication a précisé qu’il ne s’agit pas pour l’Etat de surveiller les consommateurs, mais la raison fondamentale est sécuritaire. « L’identification permet d’établir un lien entre le numéro et la personne en cas de problème », a-t-il justifié. Il en veut pour preuve, l’apport important des TIC dans les enquêtes de l’attentat de Grand-Bassam en mars 2016. « 99% des abonnés téléphoniques sont de bonne foi, mais c’est pour les 0,1% qui ne le sont pas qu’il faut prendre des précautions », a-t-il affrimé, insistant que l’Etat n’a donc aucun intérêt à surveiller une communication téléphonique.

« Une fiscalité juste »

 «La bonne fiscalité est celle qui est juste », a clamé Bruno Koné, rassurant que l’Etat est conscient qu’il faut une fiscalité que peut supporter les acteurs du secteur d’ou des mesures d’accompagnement fiscales, à travers le code d’investissement, la défiscalisation des équipements terminaux, la réduction du nombre des opérateurs du secteur à quatre. « En Côte d’Ivoire contrairement à certains pays, il n’y a pas de sanctions quand les opérateurs sont en faute, on préfère jouer la carte de la discussion et l’accompagnement des opérateurs pour une fiscalité supportable », a-t-il indiqué.

Cybercriminalité ou cyber escroquerie

S’il y a de cela 5 années en arrière, il était difficile de mettre la main sur les délinquants cybers escrocs ou « brouteurs », depuis 2 ans ils n’ont plus cette chance, selon M. Nabagné Koné. Car la plateforme de lutte contre la cybercriminalité a sophistiqué son système pour les traquer. « Il est impossible de passer par les mailles de la plateforme. Le risque d’être pris est de 100%. Ce n’est donc plus possible de se faire de l’argent facile », a-t-il prévenu, invitant les uns et les autres à se méfier de tout ce qui est trop beau car très souvent n’est pas la réalité.

De son côté, Mariam Fadiga Fofana, secrétaire exécutif du CEESP, considère le « Twins time » comme une tribune d’échanges permettant de maintenir la collaboration entre l’Etat et le secteur Privé. Pour elle, le choix de la thématique converge avec les objectifs du Comité de concertation Etat-Secteur Privé qui sont de créer les conditions d’un dialogue fructueux entre les deux parties pour aboutir à une économie ivoirienne  performante. « …les TIC constituent un accélérateur pour le développement de la Côte d’Ivoire à cause de leur impact considérable sur toutes les branches de l’économie nationale en terme de productivité et d’accélérateur de croissance », a-t-elle dit, sans manquer de remercier le ministre Bruno Nabagné Koné.

Daniel Coulibaly

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