En Côte d’Ivoire, plus de deux millions d’enfants handicapés sont hors du système scolaire à intégrer (Etude)

La Côte d’Ivoire compte plus de deux millions d’enfants et adolescents handicapés de 6 à 16 ans non scolarisés, indiquent les résultats préliminaires d’une étude sur les enfants et adolescents en situation de handicap hors du système scolaire, menée par l’Ecole nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA) d’Abidjan.

Lors de la restitution des travaux, mercredi, à Abidjan, le directeur de l’ENSEA, Sika Lazare, a pointé pour principales raisons, les préjugés culturels, les railleries et moqueries, le pessimisme sur leurs capacités intellectuelles, l’inadaptation des bâtiments, la mauvaise formation des enseignants, le choix des parents de les cacher ou encore le difficile démarrage de la politique « d’école inclusive ».

Selon la même étude, cette situation touche 32,66 millions d’enfants handicapés en Afrique subsaharienne.

Aussi, une « Journée de réflexion et de promotion de l’éducation inclusive », a-t-elle été organisée dans les locaux du Centre national des matériels scolaires d’Abidjan-Cocody, pour faire le point de l’expérience pilote de la stratégie de mise en œuvre d’écoles pilotes supervisée par la Direction des écoles, lycées et collèges (DELC), en présence des ministres Mariatou Koné et Kandia Camara.

Selon le directeur de la DELC, Méa Kouadio, il ressort principalement de cette étude que les 12 élèves de la première promotion de sourds intégrés, en 2013, à des classes ordinaires en dehors des institutions spécialisées (école des sourds muets de Yopougon), ont présenté avec succès l’examen d’entrée en 6èmeavec des totaux de 116 à 141 points sur 200.

Ils seront tous affectés au collège moderne d’Adokoi (Abobo) où une cellule technique est prête à les accueillir. Leur nombre est passé à 80 dont 30 filles, dans cinq directions régionales d’Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro avec 36 enseignants formés au langage des signes. La deuxième phase de l’expérience s’étendra aux non ou mal voyants.

Christine de Brui, représentante adjoint de l’UNICEF, qui a financé le projet, a salué les efforts du gouvernement et réaffirmé le soutien de son institution pour « tous les droits à l’école de tous les enfants partout en Côte d’Ivoire ».

La ministre de la Solidarité, de la Femme et de la Protection de l’enfant, Pr Mariatou Koné a souligné que « le handicap ne doit pas être un handicap à l’accès à l’école, un handicap à l’émergence ». « Oui à l’école obligatoire pour TOUS. Ensemble et non côte à côte pour l’égalité des chances », a-t-elle lancé.

Son homologue de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Kandia Camara, a salué la qualité des résultats obtenus par cette phase expérimentale, qui prouve la faisabilité de cette politique d’école inclusive et la « bonne exécution de ce projet structurant », dans le cadre de l’opérationnalisation de la Politique de scolarisation obligatoire des enfants de 6 à 16 ans lancée en 2015.

« Bravo aux enfants. Je suis fière de vous tous. Vous nous donnez envie de nous investir davantage grâce à vos résultats », les a-t-elle encouragés avant de leur remettre des kits (tablettes dotées de systèmes braille pour les non voyants et dictionnaire, deux manuels et appareil auditif du président de la République aux malentendants)

AIP

Auteur:
Super User

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