La CPI réclame toujours Simone Gbagbo. « L’Amnistie n’a aucun impact sur notre mandat d’arrêt »

L’ex-Première dame Simone Gbagbo restera-t-elle cloitrer dans le carré ivoirien après sa libération de prison suite à une ordonnance d’amnistie du Président ivoirien Alassane Ouattara. En effet, Mme Gbagbo qui est visée par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour des faits de crimes contre l’humanité n’a pas été livrée à cette juridiction internationale par les autorités de son pays.

Mais la CPI continue de la réclamer et demande aux autorités ivoiriennes de respecter leurs engagements internationaux en mettant à leur disposition l’épouse de Laurent Gbagbo.

Interrogée par La Diplomatique d’Abidjan (LDA, www.ladiplomatiquedabidjan.com) sur sa réaction suite à l’amnistie accordée à Simone Gbagbo par Alassane Ouattara, voici la réponse du bureau des affaires publiques de la CPI : « Madame Simone Gbagbo fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (la « CPI »  ou  la «Cour » ), qui est toujours en vigueur », écrit la Cour dans une correspondance adressée à LDA.

Les autorités ivoiriennes, faut-il le rappeler, avaient contesté la recevabilité dans cette affaire en 2013. Après avoir entendu ses arguments, les juges de la CPI ont rejeté la contestation et ont rappelé à la Côte d'Ivoire son obligation de remettre sans délai Mme Gbagbo à la Cour.  Cette décision a été confirmée en appel en 2015.

« Mme Gbagbo doit être arrêtée sur la base de ce mandat et transférée à la CPI pour y être poursuivie. Toute amnistie qui pourrait avoir été accordée n'a aucun impact sur les procédures devant la CPI.  La Cour s’attend à ce que le Gouvernement de la Côte d’Ivoire s’acquitte de ses obligations en vertu du Statut de Rome en exécutant le mandat d’arrêt contre Mme Gbagbo.  La justice pour les crimes internationaux les plus graves énumérés dans le Statut de Rome est un élément important pour parvenir à une paix durable », ajoute la CPI.

Ainsi, Simone Gbagbo court toujours le risque de se faire arrêter et transférer à la CPI, si elle quitte le territoire ivoirien pour un pays membre du statut de Rome.

Rappelons que Simone Gbagbo et 800 personnes accusées, inculpées ou condamnées pour des crimes liés à la crise de 2010-2011 ont été amnistiées le lundi 6 août 2018 par le président ivoirien, Alassane Ouattara.

L’ex-Président Laurent Gbagbo, époux de Simone est détenu à la Cour pénale internationale où il est poursuivi pour divers crimes contre l’humanité commis durant la même crise.

Cette crise est née de son refus de céder le pouvoir à son challenger Alassane Ouattara à la suite de l’élection présidentielle de novembre 2010. Ces violences ont fait au moins 3000 morts et plus de 150 femmes violées.

AT

Auteur:
LDA Journaliste

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